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Accueil du site > Les rencontres > 2011 > L’anthropologie au temps du numérique Objets, pratiques et éthique

Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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L’anthropologie au temps du numérique Objets, pratiques et éthique

Colloque de l’AFA et du CREA 24 et 25 novembre 2011 Grand Amphithéâtre des Savoirs de l’Université Lumière Lyon 2

Dans le prolongement de l’atelier organisé à Paris le 18 novembre 2010 consacré à l’anthropologie du numérique, l’AFA et le CREA s’associent pour examiner les implications et répercussions méthodologiques, épistémologiques, éthiques et théoriques engendrées sur l’ensemble de la chaîne de production du savoir lorsque le terrain s’inscrit, pour tout ou en partie, sur un support numérique ou quant il se mène, dans un ou des espaces géographiques , eux-mêmes en prise avec les enjeux que dessinent les technologies du numérique.

Depuis plusieurs années déjà, nombre de colloques et de séminaires abordent les technologies numériques soit en fonction de leurs capacités de stockage (archives, numérisation fonctions et des sources…), soit comme un support de communication, mais ne considèrent que fort rarement l’ensemble des enchaînements induits lors de la réalisation d’enquêtes anthropologiques. Se pose ainsi la question des fonctions et des usages du numérique qui peut être envisagé comme un média s’inscrivant dans un réseau communicationnel de plus en plus étendu et comme un support à de nouvelles interactions relationnelles. Tour à tour ou simultanément réception d’informations, production de ressources, consommation de contenus et/ou utilisation de dispositifs technologiques, les usages des mondes numériques témoignent d’une plasticité qui oblige l’anthropologue à adapter ses habitudes disciplinaires et à reformuler ses positionnements éthiques.

Comment, au temps du numérique, choisir un terrain, le délimiter, conduire une observation ethnographique précise en faisant preuve d’imagination méthodologique, rendre compte des données collectées, les mettre en forme, les analyser et enfin les diffuser dans des supports à l’ancienne ( ouvrages ou revues au tirage très limité et au lectorat plus ou moins restreint) en sachant qu’aujourd’hui elles ne tarderont pas à apparaître sur le net et à être commentées par un public beaucoup plus large ?
Toutes les sociétés sont confrontées à des flux migratoires importants, à des recompositions et à des reconfigurations sociales à un niveau individuel ou familial qui entraînent l’utilisation croissante de ces outils et modes de communication liés à la mobilité. Cette évolution rapide touche tous les pays, quel que soit leur niveau d’équipement, et conduit à de nouvelles manières de penser, de mener et de valoriser un terrain de recherches. Elle suscite d’autres formes d’engagement, tant lors de la collecte qu’au moment de la restitution et de la publication des données (communications, articles, livres, films ou expositions d’objets). Reste à savoir comment enseigner cette anthropologie au temps du numérique aux étudiants dont la tâche semble être plus complexe que celle de leurs aînés mais qui peut aussi, peut-être, conduire à un engagement plus responsable par rapport aux populations et aux territoires ethnographiés.

Penser l’articulation entre les terrains d’aujourd’hui (de nature exclusivement numérique ou en partie numérique) et l’éthique de la recherche revient ainsi à soulever au moins trois ensembles de questions :
1. Objets
Quelles sont les spécificités des objets de cette anthropologie au temps du numérique ? Quels en sont les enjeux théoriques et conceptuels ? Quel sens attribuer à des notions telles que « virtualité », « cyberculture », « univers numérique » face aux « monde autre », « espace parallèle » et autres « univers en double » explorés depuis longtemps dans les travaux sur la mythologie, le conte, le chamanisme ou la sorcellerie ?
2. Pratiques
Comment l’utilisation des technologies de l’information et de la communication sur des espaces ethnographiés « en direct » et la réalisation de terrains numériques participent-elles à la reconfiguration de la pratique du terrain ethnographique et à l’invention de méthodologies différentes pour la recherche ethnologique ? Toute recherche ethnographique conduite aujourd’hui ne passe-t-elle pas, dès sa conception, par l’étape du numérique ?
3. Éthique
Dans quelle mesure l’instauration de nouvelles formes de rapports induits par les technologies dédiées à l’information et à la communication oblige-t-elle à poser d’une manière neuve la question de la nature des liens établis entre les chercheurs, acteurs, groupes sociaux et territoires qu’il étudie ? Un statut particulier et une éthique spécifique sont-ils à assigner aux « ethnographies virtuelles » ou « digitales » ?

Les communications, en français ou en anglais, d’une durée de 20 minutes, utiliseront les TIC pour expérimenter de nouvelles formes de mise en commun.
Les propositions de communication (3000 signes) sont à envoyer à anthroponum@ivry.cnrs.fr, au plus tard le 31 mars. La version définitive de l’intervention sera attendue pour le 1er octobre.

Comité d’organisation :
Alice Atérianus, Laurent Bazin, Julien Bondaz, Etienne Bourel, Michèle Cros, Marie-Pierre Gibert, Axel Guïoux, Julie Peghini & Nadine Wanono (CEMAf).

Comité scientifique
• Jacques Audran (Apprentissage, Didactique, Evaluation, Formation /Aix-Marseille 1)
• Marc Augé (EHESS)
• Julien Bonhomme (Musée du Quai Branly – CREA/Lyon 2)
• Antonio Casilli (Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain CNRS/EHESS)
• Nadine Decourt (CREA /Lyon 2)
• Patrick Deshayes (Centre Georges Devereux - CREA/Lyon 2)
• BarbaraGlowczewski (Laboratoire d’Anthropologie Sociale, Collège de France/CNRS/EHESS)
• Eric Guichard (ENS Paris)
• Sophie Houdart (Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative, Paris 10/Nanterre)
• Mondher Kilani (Université de Lausanne)
• François Laplantine (CREA /Lyon 2)
• Evelyne Lasserre (Lyon 1)
• Joseph Lévy (Université du Québec - Montréal - Canada)
• Michel Lussault (ENS /Lyon)
• Madeleine Pastinelli (Université Laval - Québec - Canada)
• Marie-Christine Pouchelle (Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain - CNRS/EHESS)
• Bernard Stiegler (Institut de Recherche et d’Innovation - Centre Georges Pompidou)
• Yves Winkin (ENS /Lyon)

Vous pouvez également retrouver cette annonce sur Calenda : http://calenda.revues.org/nouvelle18790.html

Programme 24 et 25 novembre 2011 - 1.3 Mo